15 juillet 1099 / 23 Ch’ban 492 – Massacre et conséquences

C’est le début du pillage et d’un des pires massacres perpétré par les Francs lors de ce pèlerinage, même si l’historiographie l’a longtemps exagéré. Dans toutes les villes, les pèlerins pillent, tuent et violent.

 

Le souvenir des exactions des pèlerins servira, une vingtaine d’années plus tard, à raviver le jihad mineur (l’effort contre les autres, par opposition au jihad majeur, l’effort envers soi). Ce souvenir est un solide instrument politique au milieu du XIIe siècle. Zengui et son fils Nûr ad-Dîn, émirs de Damas, s’en servent pour unir les Musulmans contre les infidèles latins en Syrie, vus comme de véritables démons, du fait de leurs exactions passées. Dans le 3e tiers du XIIe siècle, leur successeur Salah ad-Dîn élargit ce jihad mineur à l’ensemble du Dar al-Islam après un long travail de légitimation théologique et l’unification politique du Proche-Orient. Les Latins sont des infidèles, qui ont souillé par le sang des croyants la ville de Jérusalem, alors réévaluée comme la troisième Ville sainte de l’islam (ce qu’elle n’était pas avant). Salah ad-Dîn, Saladin pour les Latins, sait alors instrumentaliser ce souvenir pour lutter contre l’ambition dévorante des Francs. Il en devient le principal artisan de la lente chute des États latins d’Orient.

2019-09-02T14:18:44+01:00