Ce retournement voit l’arrivée d’une délégation d’Al-Afdhal, vizir du calife fatimide d’Égypte. Il propose aux Franj de garder toute la Syrie pour eux alors que la Palestine resterait dans le giron fatimide. Il pense probablement que les Latins sont des mercenaires pour le compte du basileus et cette délégation vient réaffirmer le traité qui existait auparavant entre les Byzantins et les Fatimides. Al-Afdhal entend sûrement rétablir le statu quo qui existait avant l’arrivée des Seldjoukides dans la région. Il lance d’ailleurs, quelques mois plus tard, une expédition contre Jérusalem, qu’il reprend en août 1098. Les Latins comprennent qu’ils ont en réalité affaire à une multitude d’interlocuteurs différents, divisés, en guerre, et que, dans ces conditions, la diplomatie et la politique sont des armes très efficaces.
En même temps, le sultan d’Irak demande à l’atabeg Kerbogha d’organiser une armée de secours depuis Mossoul. Il rassemble des renforts venus de Perse, d’Irak, de Duqaq et ses propres troupes. Cette armée, en route en avril, est bloquée pendant trois semaines sous les murs de Baudouin à Edesse, sans réussir à la prendre.