Épilogue – Les États latins d’Orient

Après la prise de Jérusalem, Al-Afdal décide de ne pas frapper Jérusalem mais se positionne à Ascalon, sur la côte. Il est défait par une armée menée par Godefroi de Bouillon. Cette défaite sécurise les prises des pèlerins pour quelques années et amorce l’installation des Latins en Syrie et Palestine. Une assemblée se réunit pour déterminer qui tiendrait la ville et la sécuriserait pour les futurs pèlerinages. Godefroi de Bouillon est ainsi désigné comme prince de Jérusalem (le titre célèbre d’”Avoué du Saint Sépulcre” étant une création plus tardive) et, s’il refuse de devenir roi, prend néanmoins la tête de ce nouvel Etat féodal qui se met en place.

Après Ascalon, le pèlerinage est fini et l’hémorragie vers l’Europe n’en finit pas. Le pape menace d’excommunication ceux qui sont revenus plus tôt. Etienne de Blois et Hugues de Vermandois doivent repartir dans les armées de secours, qui disparaissent toutes en Anatolie. La mer devient la route la plus sûre et les républiques italiennes vont tirer leur épingle du jeu. 

Raymond, comme il en a fait la promesse, entend retourner près de Tripoli pour se tailler son fief. Après être retourné à Constantinople pour mener une expédition de secours qui s’éparpille en Anatolie, il retourne faire le siège de Tripoli mais meurt en 1105. Ses descendants poursuivent la création du comté et prennent Tripoli en 1109.

 

Quatre États latins d’Orient sont ainsi fondés par ce pèlerinage d’un type tout à fait nouveau. Ils perdurent (pas tous) presque 200 ans en s’insinuant dans le jeu politique du Levant. Des sociétés particulières voient le jour, à la faveur des transferts culturels, des mariages entre les différentes communautés, des liens tissés. Vers 1250, l’arrivée de nouveaux acteurs politiques forts (Mongols, Mamelouks d’Égypte, etc.) bouleverse le Dar al-Islam et précipite la fin de ces États.

 

 

La croisade a été un événement politique et symbolique majeur pour les Latins, mais aussi pour les Byzantins. Les conséquences des croisades ne sont souvent vues que comme périphériques dans l’histoire du Dar al-Islam.

Cependant, les contacts entre Musulmans sunnites, Musulmans chiites, Chrétiens d’Orient, Chrétiens latins, entre Arméniens, Kurdes, Grecs, Syriaques, Arabes, Trucs, Français, Provençaux, Germaniques, Italiens, Normands, Catalans, Anglais, etc. ont rarement engendré autant d’histoires et de récits.

Reprises, réutilisées, réinvesties, fantasmées, réinventées au fil des situations et des intérêts momentanés, ces histoires produisent pour des siècles un ensemble d’images qui peuplent encore les représentations contemporaines.

2019-09-02T14:15:49+01:00