Que reste-t-il ?

 

La fin du Paris médiéval

Eugénie, de retour à Paris après plusieurs années d’absence, est choquée par les transformations de la ville : en une quinzaine d’années, le baron Haussmann change complètement la physionomie de la capitale. Jusqu’alors, Paris avait conservé les ruelles étroites et les architectures anciennes héritées du Moyen-Age. Napoléon III, qui a voyagé en Angleterre et a été impressionné par la grandeur des avenues et le nombre conséquent de parcs des villes anglaises, décide de façonner une nouvelle capitale sur ce modèle. Le but est de combattre l’insalubrité et de faciliter la circulation, mais aussi de mieux réprimer d’éventuels soulèvements du peuple. La largeur des avenues en rend la construction de barricades plus compliquée tout en ménageant de grands espaces pour le passage des armées. La mission en est confié au baron Haussmann, qui exproprie (contre indemnités) de nombreux habitants, et détruit des centaines d’habitations. De grandes allées sont percées, le paysage urbain est unifié, et de nombreux parcs sont créés (Montsouris, Buttes-Chaumont…)

 

Dans l’inconscient collectif

En France, le Second empire s’empresse de dévaloriser la tentative de république sociale qui l’a précédée. La Troisième république, et celles qui la suivent, ne mettent en avant de la Seconde république qu’un régime qui a aboli l’esclavage et instauré le suffrage universel. Elle se garde bien d’évoquer les tentatives d’organisation du travail, la question de la place des femmes, celle liée à la colonisation, etc. Après 1871, l’expérience de la Commune de Paris prend toute la place dans l’imaginaire des ouvriers et des contestataires. La Révolution de 1789 fait aussi son grand retour et on oublie bien vite les lieux comme le Boulevard de Capucines et la promenade des cadavres, si ce n’est dans certains milieux militants.

A l’étranger, 1848 est considéré comme la Première guerre d’indépendance italienne. En Pologne, elle est l’une des nombreuses insurrections qui visent à l’émancipation de ce peuple. En Hongrie, le rapport à 1848 est plus complexe… Au Brésil, et en Amérique latine en général, les révoltes de cette année-là sont perdues au milieu d’un siècle très riches en contestations et en guerres. Pour le Canada, on retient généralement 1867 comme la date de l’indépendance, alors que, de fait, le mouvement a commencé bien avant.
Aujourd’hui, les choses ne sont pas plus simples. Se superposent d’autres mémoires, parfois opposées, parfois similaires, qui ont gommé le souvenir de cette date et en ont fait une révolution oubliée.

2018-09-20T15:32:28+00:00