Conquête, révolution et résistance

 

 

L’Algérie ne connaît pas de grande révolution à cette époque mais son histoire est intimement liée à ce moment révolutionnaire, notamment à travers certains acteurs.

 

Bugeaud, le “pacificateur”

La conquête débute en 1830, sous la Monarchie de Juillet. Face à la résistance de l’émir Abd el Kader, le général Bugeaud est nommé gouverneur général d’Algérie en 1840. Son objectif : la “pacification” du territoire, qu’il impose par la politique de la terre brûlée :

“Le but n’est pas de courir après les Arabes, ce qui est fort inutile ; il est d’empêcher les Arabes de semer, de récolter, de pâturer, […] de jouir de leurs champs […]. Allez tous les ans leur brûler leurs récoltes […], ou bien exterminez-les jusqu’au dernier.”

Il reste en Algérie jusqu’en 1847 puis retourne en France. Il est investi du commandement lors de la Révolution de Février. Son intransigeance se retrouve dans les rues de Paris :

“Eussai-je devant moi cinquante mille femmes et enfants, je mitraillerais”.

Ayant mauvaise presse, il est finalement renvoyé par le roi. Les conservateurs l’envisagent comme candidat pour l’élection présidentielle de 1848 mais lui préfèrent Louis-Napoléon Bonaparte.

 

Cavaignac, à la tête de la République

Face à Abd el Kader, sous les ordres de Bugeaud, on retrouve Louis Eugène Cavaignac. Auteur d’exactions en Algérie, inventeur des enfumades en 1844, Bugeaud a dit de lui :

“Si ces gredins se retirent dans leurs cavernes, imitez Cavaignac aux Sbéhas ! Fumez-les à outrance comme des renards.”

En 1848, le gouvernement provisoire de la république le fait gouverneur d’Algérie. Il revient en France pour devenir, en juin, le chef du pouvoir exécutif. C’est lui qui donne l’ordre d’écraser l’insurrection de juin. Il déclare l’état de siège, ferme les journaux hostiles et déporte les insurgés… en Algérie. Mais il est battu par Louis Napoléon Bonaparte aux élections présidentielles de décembre.

 

Colonisation et résistance

La Seconde République encadre la colonisation civile de l’Algérie. Elle encourage au départ les ouvriers parisiens, éléments “dangereux”, pour des terres spoliées aux Algériens. En décembre, l’Algérie est découpée en trois départements : Oran, Alger, Constantine.

La défaite et l’emprisonnement d’Abd el Kader ne signifie pas la fin de toute résistance en Algérie. Dès la fin des années 1840, le chérif Bou Baghla prit la tête du jihad contre l’armée française et souleva ainsi la presque totalité des tribus de Grande Kabylie. Soutenu par d’autres chefs comme la cheffe kabyle Lalla Fatma N’Sumer, l’armée française en vint finalement à bout en 1854, au terme de nombreuses opérations militaires meurtrières qui engagèrent plusieurs colonnes expéditionnaires.

 

Portraits présumés du Chérif Boubaghla et de Lalla Fatma n’Soumer conduisant l’armée révolutionnaire, huile sur toile, 81 x 163 cm, F Philippoteaux, 1866.

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2018-09-18T10:14:10+00:00